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Archive for the ‘Uncategorized’ Category

« Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même. Ils viennent à travers vous mais non de vous. Et bien qu’ils soient avec vous ils ne vous appartiennent pas« , nous dit Khalil Gibran dans son admirable « Prophète ».

Probable qu’un parent fusionnel ne voit, dans cette citation, qu’une « tirade à deux balles ». Ce parent ne peut concevoir son enfant autrement que comme le prolongement de lui-même. S’il s’agit d’une mère, celle-ci sera « naturellement » encline à user de toutes les stratégies pour disqualifier le père, surtout s’il affirme une différence dans son rôle. Le « père symbolique », comme disent les psys, peut être désigné au gré de l’évolution de la relation entre la mère et son enfant, c’est à dire, en réalité, avec elle-même. Dans ce schéma mental, le père, désigné par la seule volonté maternelle, peut être tout aussi bien un Dieu qu’un oncle, un « beau-père », etc.

Plus le « père biologique » aimant désirera investir son espace, plus il sera l’objet d’une disqualification implicite ou explicite. L’enfant sera pris au piège du « tout ou rien ». Soit il « colle » au parent fusionnel, soit il en est exclu. Le « tout ou rien » ne sont finalement que les deux faces du même problème puisque l’enfant rejeté, pour être accepté, ne peut exister que dans un « cordon » à la fois vital et destructeur.

Quelle amertume, pour un père, d’entendre de la bouche de son enfant de 10 ans : « Quand maman rit, je ris. Quand maman pleure, je pleure », dans une incapacité émotionnelle autonome.  Quelle tristesse, pour un père, d’être privé par la mère fusionnelle, de toute représentation positive de son rôle. Parce qu’il est le seul tuteur distinct, originel et légitime.

« L’amour ne se soustraie pas. Il s’additionne » m’a dit un jour une spécialiste des questions de l’âme. C’est vrai. Mais si l’amour peut  provisoirement mûrir sur un arbre privé d’une des ses racines, le fruit du bonheur ne saurait être cueilli sur celui de l’Injustice.

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Selon la formule classique et que j’espère de tous mes vœux en voie d’extinction, « un week-end sur deux », le père divorcé « rend » l’enfant à la mère.

Deux ans d’exercice de cette modalité arriérée et toujours une amertume certaine.

Celle de passer à côté d’une possibilité efficace d’éduquer mon enfant.

La responsabilité parentale s’exerce au quotidien.

Certes on s’aime, s’amuse, et l’on gagne peut être en qualité ce que l’on perd en quantité.

Mais la légitimité sur laquelle reposent les décisions importantes est mise à mal par une absence au quotidien dans un logement commun : le suivi scolaire, la transmission de certaines valeurs, le partage des tâches, etc.

Plus que jamais, je pense que l’enfant de parents divorcés ou séparés devrait avoir deux domiciles légaux.

Un sujet intime qui s’inscrit dans un vraie question sociétale mais qui, c’est le moins que l’on puisse dire, n’intéresse plus beaucoup.

C’est malgré tout ce que j’ai envie d’exprimer ce dimanche soir, au moment où je dois « rendre » « l’enfant », ma fille, à la mère, à sa mère.

Quand je pense que dans quelques années il me faudra probablement à nouveau aider à « couper un cordon » qui aurait pu l’être bien avant…

Quelle ingratitude !

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Fuir ou conquérir ?

« Un ami de plus de trente ans », m’a dit regretter ne pas lire plus souvent mes billets d’humeur ou petits ballons de réflexion. Ces messages personnels qui se perdent dans le « cyber espace » et échouent  parfois dans un « réseau social », tels des bouteilles jetées à la mer. Ceux qu’on retrouve fortuitement lors d’une promenade…

Cet ami aurait préféré que je renonce à la tentation des « aphorismes facebookés » pour me livrer à un exercice d’expression plus sincère et profond.

Être lu pour ce que l’on a à dire, ne serait-ce que par un ami, même unique, n’est-ce pas une des plus belles reconnaissances ?

L’ami vient du passé. Ce qu’il me dit aujourd’hui fait estime à la mémoire de notre enfance. J’entends conserver, entretenir, rendre plus performant ce disque dur affectif originel.

Un colloque singulier hebdomadaire avec une spécialiste de la logique de l’âme m’a permis, après trois deuils quasi simultanés, de prendre conscience du poids des « séances inaugurales » des traumatismes vécus. Une pierre qui rebondit trois fois au bord de l’eau et parvient de l’autre côté du rivage. Les sillons formés par les ricochets peuvent avoir été vécus comme autant de séismes dévastateurs. Cette pierre avait déjà subi l’érosion. La voilà extraite et dépaysée malgré elle, comme instrumentalisée par des évènements qui la dépassent et qu’elle finit par dépasser…

Une nouvelle force vitale en mouvement peut dès lors émerger. S’affirmer librement pour conquérir de nouveaux territoires, sans armes ni trompettes.

Cela n’est possible qu’en acceptant le principe d’évolution de vie. Savoir perdre, non pas en jeu, mais dans un lâcher prise de ce que l’on pense être essentiel.

Pour continuer, autrement.

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Sur les épaules

Ils sont beaux, forts et courageux, ces grands hommes. Si Kant a consacré sa vie à dessiner les contours de la morale, je monterais bien volontiers sur ses épaules pour en revisiter les perspectives.

Charles Berling, qui se définit lui-même comme un saltimbanque, est monté sur celles de Camus, dans son livre « Aujourd’hui maman est morte », paru chez Flammarion.

C’est intelligent.

Un acteur est parfois capable de mettre en scène sa propre histoire. Charles Berling a su s’approprier le récit de sa mère pour mieux en faire le deuil.

La découverte de ce texte coïncide avec une démarche personnelle de représentation de ce que fut ma propre mère.
Une rupture peut en cacher une autre…

La mère en tant que « toute première séance inaugurale d’un trauma récent, en apparence ».

Définitivement abandonné par celles qui n’habitent plus à l’adresse indiquée, « j’aurais voulu être un artiste », comme dit la chanson.

Pour pouvoir monter comme un enfant sur les épaules des géants et jouer dans leur cour, même sans talent !

Tu me disais qu’il « fallait que j’apprenne à vivre comme si j’étais seul sur une ile déserte ».

Je ne suis devenu ni « l’enfant sauvage » de Truffaut, ni « Robinson Crusoë ».

Juste un homme qui essaie de vivre parmi les siens.

En paix.

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Angoisses et Espoir

La naissance d’un enfant est un événement heureux pour les parents qui l’ont désirée. Elle s’accompagne d’une kyrielle de mesures protectrices visant à écarter inconsciemment tout risque de perte. Ce moment magique, est pourtant intrinsèquement un pari, un coup de dés jeté sur la vie.

Le geste accompagne parfois d’une manière plus active cette mise au monde. L’être est alors assisté d’une aide médicale et d’une volonté parentale, toutes deux légitimes, de le délivrer d’une impasse fatale.

La première prise de contact avec le réel repose alors sur un tout premier lien, l’angoisse de mort.

Si l’enfant grandit avec ce cordon ombilical et un principe de précaution constamment projeté par ses propres géniteurs, il pourra refuser de tisser les liens utiles à son développement, préférant se réfugier dans un cocon.

Il ne saura appréhender les évènements douloureux de son existence (séparations, deuils). Ces traumatismes le renverront à ce cordon mort/vie originel.  L’idée de partage lui deviendra difficile à réaliser car elle l’invite à assumer une existence autonome, tournée vers la vie. Il ne reconnaîtra que le pouvoir maternel de faire et défaire.

Seule une compréhension approfondie de ses souffrances devrait le conduire à trouver le chemin de sa propre vie.

 

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Une amie, je prends le droit de la considérer comme telle, m’a dit que j’avais tendance à me noyer dans les détails. Quelques images remontent à la surface. Le sketch de Fernand Raynaud que j’ai découvert durant mon enfance portant un costume mal ajusté et, tout en tentant de le redresser, s’exclamant à plusieurs reprises « y a comme un défaut ! ».

Le lieutenant Columbo, revenant régulièrement vers l’auteur du crime et, toto l’air bête mais toto pas bête, « au fait, j’oubliais » pour s’étendre sur un détail a priori insignifiant mais qui devient pièce maitresse dans l’élucidation de l’affaire.

En gros, de quoi s’agit-il ? Et l’on pense avoir fait le tour de la question alors que la vérité se situe au centre d’une multitude de détails plus insignifiants les uns que les autres, au point de faire passer pour acceptable une situation qui ne l’est pas. Plus c’est gros, mieux ça passe…

Le Pen au second tour de la présidentielle ? Ce n’est pas le père mais la fille objectera t-on. A un détail près : ce sont les mêmes derrière elle qui exploitent depuis des décennies le même sentiment d’insécurité. Le discours évolue, se modernise, mais cela ne change rien fondamentalement.

Ce nouvel élan, fruit d’une banalisation de l’intolérable, est peut être un détail.

Aujourd’hui sous estimé, il deviendra demain une réalité majeure incontournable.

Malheureusement.

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Le matin

« L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt », dit-on. Tout commence à la renaissance du jour. S’endormir sur quelques pages de l’ « introduction à la psychanalyse » du grand Sigmund, les questions d’un ami portant sur le statut d’autoentrepreneur, des copies à corriger, les phrases et images des femmes de ma vie, le « coup de gueule » d’un juge  d’instruction contre  le « pipot » présidentiel.  Se réveiller en découvrant que le Droit peut se nourrir des apports de la psychanalyse, qu’un acte juridique peut être manqué.

Dans la cuisine, les images se bousculent et finissent par se théâtraliser.

Une fille de 6 ans dessine  en premier plan sa maison et sa mère, toutes deux immenses, et loin derrière, un minuscule papa.

Comme un « Oedipe inversé ».

L’arôme du café, le programme du jour, et tous ces petits objectifs à atteindre, m’éloignent de cette « voie royale qui mène à l’inconscient ».

Le rêve s’achève sur l’idée que la structure familiale de Vienne du XIXème siècle n’a peut être plus grand chose en commun avec ces « familles recomposées » ou « monoparentales » d’aujourd’hui.

« Dont’ worry, be happy…. Never complain, never give up. »

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