Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for novembre 2010

Sixième sens

Sans tomber dans la psychologie de bas étage, connaître ses failles permet de mieux exploiter ses ressources. Quitte à ce que, celui qui se livre à cette introspection, surtout lorsqu’il traverse quelques tourments, apparaisse faible aux yeux de ses proches.

En réalité, ceux-ci associent inconsciemment trop vite, par souci de ne pas blesser, le fait d’être fragilisé par des évènements douloureux à une faiblesse. Et la situation devient paradoxale.

On préfère ainsi taire une vérité susceptible de blesser alors que l’être dispose pourtant de tous les ressorts psychologiques pour intégrer certains faits à l’origine de sa souffrance. Cette vérité aurait pu le libérer d’une culpabilité déplacée.

Alors cette quête de vérité devient pour lui une grille de lecture très particulière. Les mots, attitudes et réactions sont assimilés et il développe, au prix d’un effort très fatiguant, une capacité subtile à effectuer les recoupements qui parviendront, in fine, à construire sa vérité.

« La plus grande ruse du Diable est de faire croire qu’il n’existe pas« . Le diable, tel le fou du Roi, est celui qui se place dans la diagonale.

Cette ligne, telle une lame aiguisée, peut couper une âme en deux.

L’important, pour celui qui a vécu cette expérience, c’est de parvenir à s’extraire du piège de la culpabilité, d’opérer une résilience. Continuer à vivre avec cette plaie ouverte et savoir accueillir les effets de cette vérité recherchée parce que, tôt ou tard, celle-ci se manifestera.

Pour enfin pouvoir transformer le sel des larmes en pépites de vie.

Publicités

Read Full Post »

Vive les ados !

Né avec un téléphone portable, adepte du SMS illimité en style télégraphique, de MSN, FB et « Plus belle la vie », il peut réunir 50 personnes en moins de 15 mn devant les portes d’un lycée. Navigateur expérimenté, il erre entre le réel et le virtuel avec une facilité déconcertante, peut passer la nuit à tisser son réseau à l’ombre d’une surveillance parentale devenue inopérante. Le matin, il observera passivement son ascendant débarrasser la table de la cuisine, sans lever le petit doigt. Péremptoire et catégorique, il ne supporte pas l’effort au quotidien et le monde tourne autour de son nombril. Il culpabilise ses parents, s’en détourne lorsqu’il n’a plus besoin d’eux : l’ado version 2010 !

Read Full Post »

18 mois de galère. Plusieurs phases de réflexion dans un processus de restauration personnelle. Des ruptures de vie, qui font intimement prendre conscience de la précarité de l’existence.

Une solitude douloureuse, un questionnement en boucle permanent et dans le fond, stérile. Puis la découverte de l’autre, la contemplation d’une feuille tombant d’un arbre, du sourire d’un enfant. La carapace se fissure. Le cours de la vie ne se dessine plus sur un écran. L’écran est crevé.

Comment, dès lors, continuer à exister ? Est-il possible de se réinventer une vie ?

Pendant 20 ans, le journal télévisé du soir, une lecture assidue de la presse régionale et quotidienne, une formation juridique, un père journaliste, un exercice quotidien et concret de la citoyenneté ; autant de précieux outils qui m’ont permis d’apprendre à décrypter le comportement des principaux acteurs politiques, économiques et sociaux de notre petit village France.

Ces automatismes ont volé en éclat, ou presque. 18 mois de purge durant lesquels les enjeux sociétaux n’avaient plus d’intérêt à mes yeux.

« Identité nationale », « Affaire Bétancourt », « les Roms », la « réforme de la retraite », etc.

Plus je m’en fous, plus je m’aperçois à quel point le besoin de s’exprimer, parmi les frustrés de tous horizons, peut être grand, y compris sur des sujets qui nécessitent un minimum d’analyse.

Alors j’ai envie de donner un conseil à mes enfants qui choisiront de toute façon eux-mêmes leur propre direction : si vous voulez exister en tant que citoyennes éclairées, ce n’est pas une affaire d’appartenance à telle ou telle famille politique ou professionnelle. C’est d’abord vouloir apprendre à penser par soi-même, conserver sa voix, cultiver son authenticité. Rester soi, dans la Cité.

Observez, analysez, conceptualisez les situations qui saisiront vos consciences. Servez-vous des fruits de votre réflexion pour construire votre vie et agir sur le réel. Moquez-vous de ceux qui essaieront de vous marginaliser parce qu’ils préfèrent emprunter les boulevards froids et aseptisés de la pensée dominante. Méfiez-vous de la vox populi.

Et exprimez votre insolence, la France d’en haut en aura toujours besoin.

Read Full Post »

Petit plaisir matinal bien de chez nous. 5 minutes (un peu plus quand même pendant les vacances) à prendre un café au bistrot en lisant le Courrier Picard. Le tout pour un euro, brèves de comptoir comprises…

Depuis l’interdiction de fumer, c’est propre, ça sent bon et on y sert aussi des jus de fruit, Mesdames !

Femmes et enfants, au bistrot !

Read Full Post »

« Je jure, comme Avocat, d’exercer mes fonctions avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité ». Une prestation de serment plutôt courte devant une Cour d’appel et le début d’un projet déraisonnable d’un enseignant titulaire du CAPA (Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat), fameux sésame sans lequel il n’est possible d’espérer un jour avoir le privilège de défendre la veuve et l’orphelin devant les tribunaux.

Ce projet consista, pour le professeur E.T, à « poser sa plaque » dans une petite commune rurale de Picardie, à contre-courant du choix de ses Confrères qui avaient préféré, dans leur très grande majorité, s’installer à proximité du Palais de Justice.

Beaucoup plus habité par le sens du service public et, avouons-le, par le modeste confort financier qu’offre le traitement mensuel fixe des fonctionnaires de l’Etat, E.T eu d’abord quelques difficultés à saisir la notion de rentabilité inhérente à l’exploitation d’une étude. Il connaissait pourtant les aspects comptables, sociaux et fiscaux d’une telle entreprise.

Il savait parfaitement ce que pouvait être un seuil de rentabilité et ne confondait pas recettes et bénéfices.

Seulement voilà, à l’issue d’une consultation, il rougissait à l’idée de demander des honoraires à ses clients. Quelques-uns ont même dû, dans un premier temps, profiter d’un effet d’aubaine. Ainsi, durant les premières semaines, cet Avocat avait sans doute battu les records de « prestations discount ».

Puis, au fil du temps, le principe de réalité l’emporta. A quoi bon, en effet, vouloir exercer une activité si ce n’est pour en vivre ?

E-T était bien dans sa maison de campagne. Homme de devoir, il se serait engagé dans toutes les directions car il fallait forcément, satisfaire toutes les demandes..Ah, le service public !

Cependant E-T connaissait très bien aussi sa première maison, l' »Education Nationale ». Il en connaissait les codes et les valeurs, les programmes nationaux, le jargon, et bien sûr d’abord, les élèves.

E-T, lorsqu’il entra au barreau, n’en connaissait pas les rouages, ni même certains rituels de parole. Il observait beaucoup et, franchement, se marrait lorsqu’il découvrait certains de ses Confrères, après avoir enfilé leur robe, devenir de petits marquis très satisfaits, s’exprimant parfois de manière gutturale et pédante.

Mais il savait aussi, que, pour être accepté de cette autre forme de corporation, il lui fallait nécessairement montrer « patte blanche ». Lorsque E-T montre patte blanche, cela ne passe pas inaperçu…

Aujourd’hui E-T se porte mieux. Il a retrouvé sa première maison. Il continue à se marrer quand il se souvient avoir confondu « casiers et cases », et lorsque, après avoir cherché des jours durant la case du Parquet, un huissier finit par lui dire que c’était la seule, usage local, à ne pas être étiquetée…

Lorsque, les premiers jours, il n’osait pas demander ce qu’est un « acte du palais » (Et oui, on peut être Docteur en droit et n’avoir jamais entendu l’expression), ou encore lorsqu’il avait passé une partie de la matinée à étudier la jurisprudence de la Cour de cassation et du Conseil d’Etat ainsi que les exigences posées par le Conseil constitutionnel portant sur les Comparutions avec Reconnaissance Préalable de Culpabilité, le « plaider-coupable » à la française pour découvrir, durant l’audience, des aspects, comment dire, beaucoup plus…concrets.

Deux euros le kilo de pomme de terre, pour vous ce sera 1,50 euro et si vous êtes vraiment gentil, je vous le fais à 1 euro mais, vraiment, je ne peux pas descendre plus bas…

Le sentiment malheureux d’être parfois personnellement jugé et condamné lors d’une plaidoirie, la difficulté à prendre suffisamment de détachement dans certaines situations humaines délicates vécues par les clients, les difficultés financières, l’incompatibilité matérielle et conceptuelle entre deux états exigeants et les épreuves de la vie ont finalement eu raison des efforts de E-T pour survivre dans « Justice Land ».

Un jour, peut être, le retour…

Read Full Post »

Robert a toujours aimé les femmes, jusqu’au jour où il a fini par aimer sa femme. Mais Robert souffrait d’un handicap récurrent qui avait fini par le persuader de son inutilité masculine. Ce mal le gangrénait jusque dans les tréfonds de son âme. Il était atteint d’un drôle de syndrome, celui qui consiste à redouter d’être abandonné.

De concessions en concessions, sa vie de couple connaissait de nombreux orages. A chaque fois qu’une crise survenait, il pensait qu’en s’armant de patience il parviendrait à surmonter l’épreuve. Après tout, n’avait-il pas déjà subi, il y a très longtemps, le sentiment d’être abandonné ?

Un jour, son épouse lui présenta une amie, laquelle ne cacha pas son attirance sexuelle pour les femmes. Robert dû faire face à une situation humiliante et s’interrogea : « Si je demande à mon épouse de renoncer à poursuivre cette amitié féminine ambigüe, ne va t-elle pas prendre ce désir pour une atteinte à sa liberté individuelle d’aimer et d’être aimée comme elle l’entend ?
Si je lui demande de choisir entre son amie et son mari, n’est-ce pas déjà abîmer ce contrat de confiance implicite sur lequel repose toute relation sincère et forte ?
« 

Alors, tel le roseau qui plie mais ne rompt pas, Robert fit de nouveau preuve d’une patience à toute épreuve. Et, une année plus tard, après d’incessantes visites moqueuses au domicile conjugal par la belle intruse lesbienne, celle-ci finit par lâcher prise.

Mais la gangrène avait insidieusement gagné du terrain car l’épouse assimila cette tolérance subie à une faiblesse. Robert devint, dans cet Acte I de la pièce, la « mauviette » de sa femme.

Read Full Post »